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Cours de théâtre

L’interview










Le Mahabharata mis en scène par Peter Brook
Le Journaliste : Vous êtes à la fois metteur en scène, comédien, auteur et théoricien de théâtre. Pourquoi aussi ce besoin d’enseigner le théâtre ?

Sham’s : Du plus lointain que je me souvienne, j’ai toujours mené de front toutes ces activités que vous venez d’énumérer. L’activité pédagogique est d’abord une façon de transmettre aux autres le savoir et l’expérience acquis au cours de mes études et créations diverses. J’ai toujours été intéressé par la compréhension et l’explication du monde et a fortiori de celles de l’art qui a mobilisé une bonne partie de ma vie. Et enseigner est une façon de mettre la pensée en mouvement. Ensuite, je considère chaque cours, chaque stage ou atelier comme un laboratoire
où l’on doit, à chaque fois, réinventer la formule magique et réapprendre à faire du théâtre. Enfin, j’estime que l’apprentissage du théâtre devrait être généralisé à toute la société, tant le besoin de jouer, d’imiter, de contrefaire et de transmuer est consubstantiel à l’homme.

Le Journaliste : Mais tout le monde n’a pas envie de devenir acteur.

Sham’s : Vous avez raison. L’objectif premier de la formation que je donne n’est pas de produire des professionnels, mais d’œuvrer à l’épanouissement individuel à travers le jeu. Il s’agit de développer ces nombreux moyens d’expression que nous ne soupçonnons pas en nous, de raffermir la confiance en soi, de s’accorder avec les autres, d’apprendre à écouter et à observer vraiment ses partenaires, de travailler sa concentration, son imaginaire et ses émotions, bref, de se dépasser tout en s’amusant.

Le Journaliste : S’amuser ! Pourtant il n’est pas donné à tous de monter sur scène.

Sham’s : Le grand metteur en scène anglais, Peter Brook, a noté à juste titre que dans toutes les langues du monde on retrouve toujours un seul et même mot pour désigner le « jeu » de l’enfant et le jeu de l’acteur. L’approche, au théâtre, consiste à faire tomber les barrières encombrantes qui nous habitent au quotidien, à évacuer tensions et crispations et, enfin, à libérer notre expression vivante en la mettant au service d’une fiction et d’une intrigue. Dès lors, la formation théâtrale ne sera pas vécue comme un calvaire mais plutôt comme une exaltation, une authentique source de joie, dans le sens bergsonien du terme. Et l’apprenti comédien de se surprendre à aimer la scène, le lieu de tous les possibles et de toutes sensations.









Ariane Mnouchkine lors d’une répétition du Caravansérail
Le Journaliste : Vous venez de citer les propos d’un grand metteur en scène. Avez-vous des maîtres et qui sont-ils ?

Sham’s : Non pas des maîtres mais des personnalités qui m’ont fortement inspiré. Il y a sans hésitation Ariane Mnouchkine, une très grande Dame du théâtre français, et le Russe Constantin Stanislavski. La première, parce qu’elle m’a appris la quintessence, la sidérante beauté et la magie incommensurable du théâtre qui se résument à quelques principes simples. Le second, parce qu’il a posé le fondement de la vérité théâtrale, en opposition aux diverses formes de mensonges qui hantent les planches. Le pire au théâtre c’est de faire du théâtre ! C’est sa méthode qui a inspiré L’Actor’s Studio de Lee Strasberg à New York. Puis, en chercheur infatigable, Stanislavski a successivement remis en doute ce qu’il découvrait, de la mémoire affective à la méthode d’analyse active, en passant par le procédé des actions physiques. Rassurant non ? Selon Nietzsche il n’y a que la certitude qui rend fou.

Le Journaliste : Vous avez beaucoup insisté sur le fait de s’amuser en jouant. Faut-il ne voir dans votre formation qu’une pratique de loisir et de détente ?

Sham’s :
Le mot loisir rime avec liberté. En fait, jusqu’à présent, je vous ai parlé d’un premier niveau, accessible à tous et pour lequel, entre autres, les administrations et les entreprises font appel à moi pour libérer l’expressivité de leur personnel et renforcer la cohésion des groupes. Le deuxième niveau est beaucoup plus exigeant. Notez que quasiment tous les comédiens professionnels qui se sont produits dans mes pièces de théâtre sont issus de ce cursus. Et au vu des succès remportés par ces spectacles ici, en Métropole, et notamment au Festival d’Avignon (voir « extraits de presse ») au cours de plusieurs éditions, on peut en déduire qu’elles comportaient une certaine efficacité. D’autres élèves ont poursuivi leur métier dans l’Hexagone, d’autres se sont découverts une vocation de formateur, certains sont devenus politicien, animateur de télévision et de radio, acteur de cinéma et de sitcom, etc. Et je suis particulièrement touché lorsque je vois mes jeunes élèves devenir Chef de Classe dans leurs établissements scolaires, ou tenir les premiers rôles dans les projets de théâtre initiés par leurs professeurs. C’est très courant. Ils sont devant, en première ligne, debout, forts, lumineux. La route que nous avons dessinée conduit à la professionnalisation mais nul n’est forcé d’aller jusqu’à ce terme.











Konstantin Stanislavski
Le Journaliste : Pourquoi n’engagez vous pas dans votre troupe des comédiens qui ne proviennent pas de votre école ?

Sham’s : A vrai dire, je ne me l’interdis pas. Mais il existe différentes approches du théâtre. Après avoir fait le tour des différentes méthodes, à travers mes études universitaires et mes différentes formations et rencontres, j’ai fini par élaborer une synthèse de ce qui me paraît essentiel et efficace. J’ai écarté tout le bla-bla-bla lyrique, pompeux et pseudo-théorique pour aller directement vers ce qui fait théâtre, en relation directe avec un public réhabilité dans son rôle participatif de l’événement théâtral.
Non, le spectateur ne regarde pas par le petit trou de la serrure ! Il est assis sur le même tapis que celui qui raconte, dans une participation vivante singulière et totale. L’acteur venu d’ailleurs doit commencer par se familiariser avec mon langage et ma démarche théâtrale. Cela, il faudra qu’il l’accepte. 

Le Journaliste : Que leur demandez-vous aux acteurs ?

Sham’s : C’est quelque peu technique pour qu’on en parle ici. Mais il y a, entre autres, les notions d’urgence, d’état, de nœud conflictuel, de centre psychologique, de concordance de masque, de geste psychologique, d’oscillation de la conscience, de vide, d’attention multiple, de croyance partagée.

Le Journaliste : Il faut tout ça pour faire une pièce ?

Sham’s : Il faut tout ça, et même plus que ça pour faire la moindre seconde de vrai théâtre. C’est pourquoi il arrive à cet art d’être si beau et si fascinant. Il faut déployer beaucoup de science pour attirer les gens le soir, hors de chez eux et venir vous applaudir. Il ne suffit pas d’avoir sous la lumière des projecteurs un homo sapiens qui gesticule et grimace, tout en jetant quelques cris à la cantonade.

Le Journaliste : Une dernière question Sham’s : quelle différence y a-t-il entre le théâtre et l’art oratoire que vous enseignez parallèlement ?

Sham’s : Dans la Prise de la Parole en Public, l’individu reste lui-même. Et malheur à lui si on venait à voir qu’il joue ! Par contre, au Théâtre, ce même individu doit disparaître au profit du personnage. Dans Le Pirate des Caraïbes, Johnny Depp doit céder la place à Jack Sparrow, et maudit soit-il si on « percevait » l’interprète Johnny Depp ! Le théâtre, tout comme le cinéma, doit paraître vrai mais au final on sait tous que c’est « pour de faux ». Il y a dénégation. C’est sans danger. C’est vraiment un jeu. Tandis que l’art oratoire est plus qu’un jeu. Il est à la fois outil de transformation du monde et levier du destin. Des deux disciplines, le théâtre est celle qui porte à moins de conséquence. Mais que de bienfaits nous procure-t-il !
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15-16/10 Fondamentaux (14h)
25-26/10 Fondamentaux (14h)

7-8 /11 Fondamentaux (14h)
15/11 Diapos-Micro-Caméra (7h)
16 /11 Les 4 Arts (7h)
19 /11 La Parole Victorieuse (7h)
22-23 /11 Fondamentaux (14h)

10-11 /12 Fondamentaux (14h)
14/12 Diapos-Micro-Caméra (7h)
19 /12 Le Théâtre (7h)
26-27 /12 Fondamentaux (14h)
28 /12 Les 4 Arts (7h)
29 /12 La Parole Victorieuse (7h)

 

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