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NEWSLETTER JUIN 2013

  • LA LEÇON DU MOIS DE JUIN


    LE BUTINAGE DU REGARD

    De nombreuses personnes pensent et affirment, à tort, que regarder le public est déstabilisant. C’est exactement le contraire. Regarder c’est ce qui sauve celui qui parle. Le texte de l’orateur est écrit dans les yeux du public, il suffit de le lire. Le regard va d’une personne à l’autre, comme l’abeille s’envole d’une fleur à la suivante, en prenant le temps, à chaque fois, d’y butiner l’indispensable nectar de l’échange vrai. J’appelle ce procédé : le Butinage du Regard.

    • Pourquoi regarder le public dans les yeux ?

    - C’est lui accorder de l’existence. Le retrait du regard est en général une sanction. Par exemple, on ne regarde pas une personne que l’on boude et que l'on n’apprécie pas.
    - C’est afficher son courage et travailler à prendre l’indispensable ascendant mental. En règle générale, on baisse le regard devant une entité redoutée.
    - C’est requérir l’attention, l’écoute et l’intérêt de l’autre. Dans les embouteillages, le conducteur qui ne veut pas vous céder le passage évite de rencontrer votre regard pour ne pas avoir à satisfaire votre attente.
    - C’est éviter de perdre le fil de ses idées, l’inspiration, et supprimer les pannes et les discontinuités dans le discours, les interruptions faites de trous, d’hésitations, de hiatus, de « euh ! », « c’est-à dire que  », « en fait », toutes ces formules parasites et inutiles qui hachent  vos propos et sapent votre intervention.
    - C’est avoir un radar qui permet de suivre la qualité de réception de votre discours par le public et de s’adapter en conséquence. Il y a peut-être lieu de donner plus d’exemples, d’aller moins vite, de mettre plus de rythme, …

    • Et balayer le public du regard ?

      C’est la plus courante et donc la plus dangereuse des idées fausses. Il y en a plusieurs qui concourent toutes à asseoir des stratégies d’esquives et de fuites. S’imaginer par exemple que les gens du public sont aux toilettes, ou qu’ils sont tous complètement déshabillés ! Le balayage indique un mouvement continu, à  l’opposé du butinage qui, lui, implique des arrêts successifs. L’orateur passe d’un regard à l’autre en s’accordant le temps, à chaque fois, d’y planter les graines fécondes de ses mots.

    Cela s’apprend, il faut s’y exercer. Nous y accordons une place majeure dans notre enseignement.

     

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    LES DERNIÈRES INTERVENTIONS DES POLITIQUES - BRÈVES ANALYSES

    LA BATAILLE DE PARIS

    La bataille de Paris s’annonce rude, violente et épique. Les attaques inévitables de Nathalie Kosciusko-Morizet pousseront certainement Anne Hidalgo à sortir de sa « zénitude » et de la relative torpeur qui l’habite et à se dépasser, autrement le danger la guette.

    NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET (NKM)
    Interview sur BFMTV, le 19 mai 2013

    Son sourire est éclatant, lumineux. Il vient à la commande, mais il peut également disparaître aussitôt, mettant alors en doute sa sincérité. Ce n’est pas encore le sourire captivant de Chirac, mais c’est déjà un atout indéniable. Pour le reste, ses défauts sont encore légion. Il y a ce regard oblique, détaché de l’axe face-horizontal de la tête, qui abandonne régulièrement ses interlocuteurs pour redescendre sur la table vers sa droite. On voit clairement qu’elle affûte ses coups et ses arguments, délaissant ainsi le lien continu et vivant avec son public pour privilégier son plan et le déroulé qu’elle a prévu. NKM est une grande planificatrice, une calculatrice méthodique, une joueuse d’échecs résolue et appliquée, trop ! Elle n’aime pas l’improvisation et l’à peu près. Mais tout ce calcul s’élabore aux dépens de la spontanéité et de l’affect, de la sincérité et de la vie. Une certaine froideur de métal s’en dégage. Il y a de la Dame de Fer en devenir chez elle.

    Son attitude corporelle ne contribue pas à atténuer cette impression. Sa position de prédilection, ce sont les avant-bras allongés sur la table. Elle est prête à attaquer. Ses mains se rejoignent souvent, se superposant à souhait, la privant d’une gestuelle épanouie qui introduirait plus de souplesse, de rythme et de musicalité dans sa prise de parole. Sa verticalité totémique est très déficiente et ses bras font office de béquilles pour le haut de son corps. Elle méconnaît allègrement la précieuse leçon de Cicéron (75 ans avant J.-C.) : « Que l’orateur tienne le corps droit et élevé ».

    Il arrive à ses gestes de se déployer de manière heureuse, mais insuffisamment pour effacer cette grande promptitude à l’attaque que l’on sent chez elle. Il suffit de noter ce regard « sur le côté », détaché de l’axe de la tête, et qui marque un certain penchant pour la confrontation. Elle adore défier. La peur, connais pas ! C’est une intrépide. NKM est une rampe de missiles.

    Cependant, il lui faut intégrer le fait que l’émotion est mimétique. Si elle s’installe constamment dans le « rentre-dedans », elle en recevra proportionnellement en retour. Et à ce jeu-là on finit par s’auto détruire.

    Mais, manifestement, NKM s’est beaucoup améliorée depuis le débat du 8 septembre 2011, face à Marine Le Pen, où elle fut nettement dominée. Son potentiel de progression dans l’art oratoire demeure important, pourvu qu’elle travaille à corriger ses défauts, dans la bonne direction.


    ANNE HIDALGO
    Meeting au Bataclan, le 29 mai 2013

    Elle  a manifestement un gros travail à faire pour devenir une bonne oratrice. Lors du meeting inaugural de sa campagne au Bataclan, Anne Hidalgo s’est surtout appliquée à bien lire son texte, négligeant le lien vivant, charnel et irremplaçable avec son public, lien qui passe principalement par l’accroche du regard.  En conséquence, son discours de 46 mn est apparu trop long, manquant de variations, aussi bien dans les intonations que dans le rythme. Tout ceci fut aggravé par un parler mou et une articulation traînante, comme si elle venait de se réveiller.

    Centrée au maximum sur ses papiers et quelque peu tassée sur elle-même, elle prenait souvent appui sur le pupitre, concédant parfois des gestes plus ou moins fermés, les mains se rejoignant en entraînant la remontée des épaules (défaut que s’acharnait déjà à corriger le grand orateur athénien Démosthène, 350 ans avant J.-C.). Sa base au sol s’avère instable et il lui reste à s’ouvrir « vraiment » à son public, avec générosité et force. Aux applaudissements, par exemple, elle répondait par un sourire retenu, là où une Hillary Clinton aurait montré toutes ses dents, dans un éclat de séduction franche et totale.

    Anne Hidalgo n’a pas encore le souffle de l’orateur qui emporte, renverse et soulève. Le public n’a pas scandé son nom, comme cela aurait dû être le cas. L’emballement de la salle s’est limité à des applaudissements convenus, pour ne pas dire polis et de circonstance.

    Plus d’énergie et de pugnacité lui seraient salutaires. La marge de progression existe pourtant. Elle ferait mieux de se persuader rapidement qu’un héritage n’est jamais un gage d’avenir. Lorsqu’à l’occasion elle prend la parole assise à une table, il lui arrive parfois d’appuyer sa tête sur ses mains jointes que ses bras repliés (les coudes sur la table) ont rapprochées de son visage. L’orateur ne s’appuie pas et ne se repose sur aucun « acquis ». Il est dans un élan de conquête.

    Bertrand Delanoë avait précédé de peu Anne Hidalgo à la tribune. Ce furent 26 mn de démonstration de talent oratoire. Magistral ! Aucun papier avec lui ! Avant de commencer, il a demandé que la salle soit éclairée car il « aime voir les gens à qui il parle ». Son intervention fut riche en variations émotionnelles et rythmiques. On est abasourdi par le savoir-parler du Maire de Paris.

    La comparaison dessert gravement celle qui brigue sa succession. Hélas ! L’art oratoire ne se transmet pas comme un paquet-cadeau, il s’apprend.

     

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    FORMATION ÉLIGIBLE AU D.I.F (Droit Individuel à la Formation)
    AGENDA
  • PROCHAINS STAGES DE PRISE DE LA PAROLE EN PUBLIC


    4 juillet 2013             (7 heures)
    11 et 12 juillet 2013         (14 heures)
    20 juillet 2013             (7 heures)
    29 et 30 juillet 2013         (14 heures)


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    9 et 10 Août 2013            (14 heures)
    24 Août 2013            (7 heures)
    29 et 30 Août 2013            (14 heures)

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    Pour les autres mois consulter notre calendrier !

     

     

    STAGES  VACANCES / THEATRE

    En dehors des cours hebdomadaires de théâtre, nous proposons des stages durant les

    Grandes Vacances de juillet, pour Enfants et Adultes.

    Du 15 au 19 juillet
    8-10 ans……………………………….…de 9h30 à 11h30
    11-13 ans…………………………………de 14h à 16h

     

    Du 22 au 26 juillet
    12-16 ans………………………………..de 9h30 à 11h30
    ADULTES…………………………..…….de 17h30 à 20h30

     

    Les inscriptions sont en cours.


    Attention ! Effectifs limités.

     

     

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